J’aimerais revenir sur un mythe qui a la vie dur dans le monde du chien : le mythe de la dominance.
Ce mythe s’appuie sur le fait que les chiens descendent des loups et que, comme ces 2 espèces DIFFERENTES ont un patrimoine génétique commun, les chiens forment aussi forcément des meutes (mais n’oublions pas que les gènes ne font pas tout !! Rappelez-vous de mon histoire avec les bonobos et les Hommes). Il a longtemps été dit que dans les meutes de loups il y avait un mâle dominant et une femelle dominante. Cette théorie on la doit en grande partie à David Mech. Mais qui est-il ?
C’est un grand spécialiste des loups. Dans les années 1960, il avait mis en évidence chez des loups en captivité la notion de hiérarchie linéaire. Mais quelques décennies plus tard, il a reconnu lui-même s’être trompé sur cette notion et avoir malheureusement contribué à la popularisation de cette information au travers de son livre vendu à plus de 110 000 exemplaires. Dans une vidéo sortie en 2008, il explique que « le terme alpha n’est pas exact quand il décrit la plupart des dirigeants des meutes de loups car cela implique que les loups se sont battus et ont été fortement en compétition pour atteindre le sommet de la meute. En réalité, le moyen par lequel ils en sont arrivés là est simplement en s’accouplant avec un membre du sexe opposé et créant une descendance devenant le reste de la meute. Comme un couple d’humain créant une famille. Il serait donc plus juste, au lieu d’utiliser les termes mâle alpha et femelle alpha, d’utiliser les termes femelles reproductrices et mâles reproducteurs ».
Ici, on comprend donc bien qu’une meute de loup dans la nature, quand elle existe, c’est en fait une famille régit par des règles familiales. Je dis bien « quand elle existe », car en réalité, il existe également de nombreux loups solitaires. La création d’une meute est avant tout une adaptation à un environnement particulier.
Le simple fait que la dominance n’existe pas chez les loups devrait nous dissuader de l’appliquer à une autre espèce animale, et notamment aux chiens.
Depuis de trop nombreuses années court l’idée que pour avoir du « contrôle » sur son chien, nous devons le priver de ses choix. C’est une grave erreur car avoir le choix est un besoin fondamental pour toute espèce. Avoir le choix nous permet d’exprimer nos émotions, de ne pas nous forcer à faire des choses contre notre volonté (et nous préserve donc de réagir impulsivement, sous le coup de l’émotion) et surtout, elle nous préserve de nombreuses sources de stress. Ce stress, lié à une absence de choix et de possibilité d’agir sur l’environnement peut engendrer ce que nous appelons la détresse acquise.